bloguer, c’est pas que d’la gueule

Un monologue d’Aliette Griz et Ana Primo

Tout a commencé à Dublin. Sur la toile. (Même s’il faudrait revenir sur avant, ce qui s’est passé avant, à Paris, et bien avant encore, à Strasbourg-désirs-désirs. D’écrire. À plusieurs. Mais : à l’essentiel.)

En 2005, Virginie Despentes tenait un blog qui a fait parler de lui sur le site 20six.fr. Ça a suscité quelques vocations, dont la mienne, l’autofriction était in, il était temps de se mettre en scène (évidemment, c’était plus adapté aux gens qui avaient vraiment une-vie-de-fous, mais les autres, tous les suiveurs qui allaient finir par affirmer à ce monde qu’il fallait aussi compter avec eux, s’y sont mis.)
Dont blogs. Read More

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manifeste de la lenteur

Un dialogue d’Ana Primo et Aliette Griz

C’est l’histoire d’un petit garçon qui se réveille de sa sieste. Je suis assise à la gauche de sa mère, qui apporte sa touche d’espace à un texte que j’ai écrit la veille. Elle m’a invitée chez eux pour y travailler ensemble. Je le regarde manger à la fourchette le fruit, un kiwi je crois, qu’elle vient de découper. Elle écrit fiévreusement sa moitié de dialogue. La fièvre m’est montée à la tête hier ; aujourd’hui je parviens à cacher mon inaction. Des années d’expérience. Read More

la Paix sur le Nobel

Un trilogue d’Ana, Aliette et un anonyme

Il pleut, c’est samedi, Ana boit du café, elle est extrêmement calme, on parle du Nobel, au premier degré, dans la cuisine. Elle essaie de calmer sa colère, peut-être qu’elle devait reprendre un morceau de chocolat, je l’écoute, dans le rôle de la fille qui ne s’énerve pas, et qui essaie d’apprendre de ce qui se passe, sans se décourager. Read More

le réseau n’a pas dit son dernier mot

Un monologue d’Aliette Griz

Dans le Vif du jour, Raphael Enthoven, s’exprime sur “la crise du bien”, parce que la bien pensance doit se planquer devant l’intolérance. Il revient sur la place du philosophe et la dérive du grégarisme, porte ouverte au racisme. Ceux qui voudront, peuvent aller lire. Et les autres, peuvent rester ici, où on va parler de la presque fin, où il est question des réseaux sociaux :

« Question : L’essor des réseaux sociaux, dont on peut penser a priori qu’ils encouragent l’individualisation, n’a-t-il pas l’effet pervers de « grégariser » davantage ? Raphael Enthoven : « Il faut distinguer l’utilisation des réseaux sociaux en dictature et en démocratie. Le mur de Berlin n’aurait pas tenu avec Facebook. Dans les régimes où nous sommes privés de liberté, nous n’avons pas les moyens de nous interroger sur le bon ou le mauvais usage de la liberté. En dictature, les réseaux sociaux sont une bénédiction. En démocratie, les réseaux sociaux deviennent problématiques. Première critique : c’est le rêve des services de renseignement. Les services de renseignement l’ont rêvé, Facebook l’a fait ! Il n’y a plus besoin de fouiller dans les affaires des gens pour découvrir ce qu’ils sont. Seconde critique : l’individu qui expose sa vie soit via Facebook soit via l’ego-fiction est hyper-grégaire dans son comportement. L’individualisme auquel j’en appelle n’est pas un individualisme de la vie privée. C’est l’individualisme augustinien de l’intime, de ce que nous avons de plus intérieur en nous et qui est en fait un autre. C’est la différence entre l’identité et la singularité. »

Insister sur les dangers des réseaux sociaux, c’est éviter de communiquer sur autre chose. Le plus important. Qu’on peut apprendre à les utiliser. Qu’on doit apprendre. Que c’est déjà possible, et pratiqué par de nombreux anonymes, qui prennent quotidiennement la parole. Qu’on y lit des horreurs et des bonheurs. Que les réseaux sociaux sont depuis longtemps des plateformes utiles pour gérer la communication de tout un tas d’entreprises, culturelles ou autre, qui parviennent ainsi à faciliter la transmission de leurs agendas respectifs, à organiser des événements, pour le réseauiste. Quand je lis, “qu’en démocratie, les réseaux sociaux deviennent problématiques”, je comprends. Je comprends qu’il s’agit de la parole d’une personne qui n’a pas pris le temps (Raphael Enthoven n’a pas de compte twitter, même si une page fb lui est dédiée) de se plonger dans la foule virtuelle. Je comprends qu’à sa place, (de sa place), ça ne fait peut-être pas plus envie que de s’immerger dans une piscine municipale bondée, quand on a accès au bassin des happy few. Parce que quand on a déjà une existence publique, obtenue par le mérite du travail et des diplômes certes, mais encore, (n’ayons pas peur de la lutte des classes, n’ayons pas peur des chasses gardées de la nation), conquise par le faire partie de l’élite, (le parcours de Raphael Enthoven en est un bel exemple) on n’a pas besoin de s’user les doigts sur des claviers pour dire bonjour au monde. Mais les autres, hein, egotistes de tous poils, ils font comment, pour prendre la parole, Monsieur le Philosophe ?

2014-09-012

©EncoreUnePhotoPriseAvecUnTéléphoneDansUneRue

Aliette, Ana et les autres

Ana : Tu as pensé à un nom pour notre blog ?

Les Bavards ?

Les Voix ?

S’entend

Des racines et des ailes ?

Ah non, c’est déjà pris.

J’aime beaucoup le proverbe espagnol « hablando se entiende la gente »

C’est en parlant que l’on s’entend (avec le double sens de s’entendre, comme en français)

Les Gonzes

Aliette : Les Gonzes, pas très joli à entendre, même si nous ne sommes rien d’autre.

Aliette, Ana et les autres… Le côté Claude Sautet

Ana: J’aime bien « Aliette, Ana et les autres »

Aliette: moi aussi, mais j’aurais bien vu un nom plus court.

Ana: Et la référence à Sautet

Au cinéma classique français

Aliette: La référence et les prénoms, c’est beau.

Je suis en plein brainstorming avec moi-même… Ça va venir.

(…)

Ana: Ca va ton brainstorming ?

Douloureux ?

Je suis sur mon smartphone à touches

Aliette: J’écris des mots, mais pour le moment, y a pas eu le déclic.

Ana: Excusez la lenteur de la saisie.

Aliette: non non

Ana: Des mots pour le nom du blog ?

Je propose : AAA (Aliette, Ana et les Autres)

Aliette: j’ai écrit : l’œil / le préfixe / web girls / (Aliette, Ana et les autres)

L’œil et le préfixe, spontané, mais bof…

… AAA

Ça fait aussi les Auteurs Artistes Associés

Ana: Ça doit déja dire 20 trucs

Mais tant pis

Aliette: Ça a de la gueule

Ana: Ah voilà!!

Belle référence !!

Yeah!

Mais je préfère quelque chose de plus bucolique

Aliette: Que de la gueule

Est un bon titre

Qui pourrait devenir convaincant.

Ana: De la gueule ?

Aliette: aussi.

Un truc avec gueule

Les fines gueules

Les pas fines gueules

Les petites gueules

J’aime bien les petites gueules

Ça fait tout mignon

Tout à fait nous.

(ça fait un peu québécois les petites gueules.)

Ana: Les petites gueules !

Oui !

Aliette: ah!

T’aime aussi!

Ana: Oui !

Ça fait tout mignon mais néanmoins véhément.

Aliette: nous, petites gueules ? (qui va croire ça…)

Ana: Tout le monde.

Aliette: En tout cas, ça claque dans le bon sens.

Ana: Autrement on leur casse la gueule.

Aliette: Voilà.

Ana: Yep.

Vendu ?

Aliette: Ouais, assez convaincue.

Tout le monde peut y participer.

C’est pas limité aux filles.

Ana: Oui !

Exact.

Aliette: En même temps, c’est un nom féminin.

Et ça impose une idée de prendre la parole.

(Gueuler s’il le faut.)

Mais aussi, rester à sa place.

Ana: J’aimerais que d’autres écrivent aussi.

Aliette: Et un peu d’humour, c’est presque drôle.

Aliette: Tout le monde, on a dit.

Ana: Et anyone qu’on aime.

Aliette: il nous faut un sujet pour cette semaine, déjà…

Je cours sur le template de ce pas.

Ana: Oui, les implications de ce nom sont énormes.

J’aime beaucoup.

Aliette: Carrément.

Parfait.

Le chat m’a débloquée.

Ana: Pour cette semaine, on peut utiliser le Nobel ?

Aliette: Mmmh, pas suffisant, il en faudra un autre…

Ana: Je suis mega à labour jusque vendredi

Aliette: Je veux du contenu…

Ana: Ma vie reprend vendredi à 19:00

Aliette: je trouve un sujet, je te fais parvenir par googledoc.

Et aux autres

Et on voit.

(Moi aussi, j’ai plein de chantiers en cours. On va y passer.)

Ana: Ça roule, ma poule.

Aliette: Je veux de la pression et du challenge.

Ana: C’est vrai qu’une fois on se met à écrire, there is nothing stopping us.

Aliette: exactly.

Je reviens asap avec plateforme.

Il le faut.

Ana: Arrête, tu m’excites !

Aliette: All we need is les fines gueules

Ana: Yes

Aliette: Sexuellement ?

Ana: Oui !

Non, intellectuellement.

Tu es une femme mariée tout de même.

Bon sang, je suis en retard dans le boulot.

Mais je reste disponible.

Aliette: Dis donc, ton intellect est très stimulé, c’est magnifique.

A+

Ana: N’hésite pas à m’interrompre.

Aliette: Je crée une adresse lespetitesgueules, gmail ? hotmail?

Ana: Gmail

Ana: Pour le blog ?

WordPress est bien référencé sur Google.

Sinon, j’aime bcp Tumblr.

Aliette: wordpress.

Je connais bien.

Donc ça ira plus vite.

Ana: Nice

(Ville de la Côte d’Azur)

Aliette: Ouf, google a accepté d’ouvrir un email à Petite Gueule…

Il demande une photo.

Ana: T’as pas une photo de toi bébé ?

Aliette: J’ai envoyé une photo où il y a simplement écrit mini.

Pas de bébé!

Ana: OK

Aliette: Tu peux envoyer un email à lespetitesgueules@gmail !

Je mets Aliette, Ana et les autres en tagline (ça apparaît sous le titre et ça explique le projet)

Ana: Parfait.