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Un trilogue de Marie-JulesVanina Platine et Solea Bataille

– Vous avez entendu parler de cette étude sur l’inclusion des enfants en situation de handicap dans les milieux d’accueil bruxellois ?

–  Absolument pas. J’aurais dû ?

– Non. Parce que personne ne l’a mentionnée, encore, mais, petite gueule, rengorge-toi : nous serons les premières.

– Tu crois vraiment que c’est nécessaire ?

– Oui, j’en suis sure.

– Pourquoi on dit “en situation de handicap” et pas “handicapé” ?

– Parce que, c’est plus poli. Mais je reconnais que ça sonne pas mieux que les autres néologismes qui visent à remplacer un mot par plusieurs, pour éviter l’identification totale de la personne à sa fonction, ou à un état qui n’est pas son unique identité. (Tu pourras, si tu as le temps, lire un peu l’évolution de la terminologie ici. “Ce sont le cadre de vie et l’organisation sociale, du fait de contraintes incompatibles avec les capacités restreintes d’une partie croissante de la population, qui créent le handicap.”)

– Je le lirai, pour te faire plaisir.

– Merci.

– Et cette étude ? Elle raconte quoi ?

– Elle raconte une histoire avec différents points de vue, et beaucoup de silence, entre les zones d’ombre.

– Ça a l’air bien.

– C’est une étude de recherche, elle dresse un état des lieux de situations vécues, par différents acteurs, qui n’ont pas forcément le plaisir de se rencontrer. En filigrane, tu peux écouter l’histoire des enfants qui arrivent sur la terre et qui sont encore moins comme les autres que n’importe lequel d’entre nous. Parfois, c’est simple. D’autres fois, ça devient une grosse galère, dès les premiers mois de la vie, pour que cet enfant trouve une place dans la société.

– Comment ça ?

– Ben tu vois, même si les bébés se ressemblent, en général, en matière de pompage d’énergie et de manque d’autonomie, il y en a qui, pas gênés, réclament encore plus de soins que les autres. Et parmi ceux-là, peu, très peu, ont la possibilité, aujourd’hui à Bruxelles, d’obtenir une place en crèche. En théorie, parce qu’il faut des moyens.

– Et on fait quoi avec ça ?

– Avec l’étude, on réfléchit. Et individuellement, on agit. Mais des études, il y en a déjà eu. (Et il y en aura encore.) Si tu aimes lire, en attendant que l’étude sur l’inclusion soit accessible, comme promis, sur le site de Phare, je te propose celle-ci : clique.

– Et les politiques ?

– Les politiques, prennent leur temps.

– Pourquoi tu dis ça ?

– Parce que là, on en est au stade de l’étude, avec une réponse de projet d’équipes pilotes, qui pourraient se déplacer de crèches en crèches, pour permettre à plus de bébés en situation de handicap d’y être accueillis.

– Mais ?

– Mais : pour le moment, ce n’est qu’une étude. Et les choses progressent… Lentement. Hier, il y a eu une présentation de l’étude, avec intervention de deux politiques.

– Ça avance, alors ?

– Mouais. Juge toi-même. Je note les seules dates mentionnées, par la Ministre Evelyne Huytebroeck :

  • En 1999, un décret a été voté pour l’institution des services d’accompagnement agréés, avec un budget.
  • En 2011 a été mis en place un protocole entre Phare et l’One.
  • Aujourd’hui, il ne reste plus qu’à attendre l’adoption par le Parlement, d’un nouveau décret inclusion, qui garantisse la mise en place des équipes pilotes sus-mentionnées.

– Je vois le problème.

– Quel problème ?

– Et bien : que s’est-il passé entre 1999 et 2011 ? Et combien de temps faudra-t-il encore attendre ? (La Ministre n’a pas donné de date précise, pour l’adoption du décret.)

– Oui, mais, elle était là. Ne sois pas trop exigeante.

– Exigeante ? Il y avait aussi un représentant de Jean-Marc Nollet, Ministre de la Fédération Wallonie-Bruxelles de l’Enfance. Mais vous vous rendez compte qu’on en est encore à venir boire du café et manger des croissants, en parlant de lutter contre l’isolement des bébés, et de leurs parents, qui ne sont aujourd’hui que très peu accueillis dans les crèches de l’état… On parle, on parle, on étudie, mais la situation, si tu y réfléchis, et comme a osé le dire cette maman de fils Infirme Moteur Cérébral, les larmes aux yeux : la situation n’est pas nouvelle. C’est assez difficile à accepter, quand tu es concerné, d’entendre qu’on ne parle plus d’intégration, mais maintenant d’inclusion, et qu’on devrait déjà se réjouir de ce changement de terminologie. Génial, il ne faut plus dire “intégrer” : ce n’est pas assez égalitaire. Par contre, pour les budgets, et le travail sur le terrain, il faut encore attendre. Il y a un énorme travail à faire pour mettre tout le monde en contact : les parents avec les services médicaux ou sociaux nécessaires, (qui existent…) Les services médicaux et sociaux entre eux… Les crèches, avec les informations et les formations nécessaires…

– Et les journalistes ? Ils pourraient sûrement d’un coup de baguette à synthèse, braquer un projecteur incitatif, sur le projet.

– Oui. Mais aucun n’était invité, hier, il me semble. Alors, petites gueules, inspirez fort, et ouvrons-là : allez, tout le monde : bougez-vous, bougeons-nous! Parlementaires et autres, concertez-vous. Ailleurs en Europe, notamment en Italie, on n’en est plus là : tous les enfants sont accueillis dans les structures publiques, aussi mignons, formidables, pénibles, dépendants soient-ils…

Les petites gueules t’invitent à jouer le jeu de la communication addictive en cliquant sur SUIVRE pour t’abonner.

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©EncoreUnePhotoPriseAvecUnTéléphonePendantUneConférence

 

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