s’aligner

Un dialogue de Julie Laffin et Aliette Griz

Ligne, nom féminin, du latin linea : trait continu dont l’étendue se réduit pratiquement à la dimension de la longueur.

Ligne, nom liquide, qui cache bien sa force, mot valise, qui n’a pas besoin de nous pour suivre sa route. Parce qu’en plus, attention : une ligne peut en cacher une autre.

Géométriques, mathématiques, elles dessinent des cases, des barrières, des obstacles, des cubes, des boîtes, de l’ordre, des limites. Read More

Publicités

twead

Un dialogue de Ana et Aliette Griz

Quitter cette vie avec décorum, telle est la recommandation des époux Keller, journalistes, Madame au Guardian US, Monsieur au New York Times.

Tu sais que, comme bien des ploucs, je ne pense à la mort qu’à l’enterrement des autres, et là, je chiale.

Au début de l’année, Emma Keller publie dans la section américaine du journal britannique Guardian un article [Forget funeral selfies. What are the ethics of tweeting a terminal illness?] consacré à Lisa Bonchek Adams, une femme atteinte d’un cancer du sein métastasé, très active sur les réseaux sociaux, où elle partage son quotidien de malade pour, selon elle, imprimer plus de réalisme à l’image policée du mouvement « Ruban rose ». Read More

quizás, quizás, quizás

Un dialogue de Ana et Aliette Griz

Telle une machine à remonter le temps, Alberto Ruiz Gallardón, le ministre espagnol de la Justice, (pas de la Santé, de la Justice), a pondu un projet de loi sur l’avortement qui entend nous projeter à une époque antérieure à l’année 1985.

En 1985, autant te dire que ni la Justice ni la Santé ne m’aidaient à rentrer dans le moule de tout ce que me promettait la vie. Et je me foutais bien de l’Espagne.

1985 est, en effet, l’année de l’adoption de la loi dite des « hypothèses » (supuestos), qui établit trois situations dans lesquelles une femme est autorisée à avorter, moyennant avis médical : danger pour la femme, viol ou malformation du fœtus. Read More

40 berges

Un dialogue de Aliette Griz et Julie Laffin

Un jour, j’ai eu quarante ans. Je savais que j’étais particulièrement privilégiée d’être là où j’étais à ce moment-là, en tant que moi, de passage, le voyage était pas mal, et en tant que femme.

L’illusion d’être au milieu. Nous y sommes. On n’est pas bien là ? On n’est pas mal. Un peu plus de recul que vingt ans auparavant, et encore beaucoup de temps devant soi avant la fin. Mais ça se bousculait aussi un peu, les questions, les bilans, les regrets. Tout ce qu’on a choisi, ce qu’on a l’impression d’avoir subi, ce dont on a eu envie. Read More