coït or not coït

Un monologue de Julie Laffin

Après une longue conversation avec une amie frenchie installée depuis (trop longtemps) aux USA, je me pose une question fondamentale : faut-il coucher ou non le premier soir? (et pourquoi ne me suis-je jamais posé la question???).

Au pays du puritanisme, on ne montre pas ses seins, et on ne couche absolument JAMAIS le premier soir. Là-bas, il paraît que tout est planifié ; la première “date”, on boit juste un verre. Si on est intéressée, on ne le montre pas, ou à peine, et surtout on n’appelle pas. Quitte à mourir étranglée avec le téléphone de la cuisine (celui qui a encore un fil, qui mesure en plus au moins 5 mètres, pratique aussi pour le bondage) à force d’attendre la date fatidique du prochain rancard.

J’ai mené ma petite enquête auprès de femmes et d’hommes. Et là j’ai eu de petites surprises. Sans jouer à l’apprentie journaliste qui d’ailleurs ne veut pas le devenir, ça m’a permis de découvrir la complexité du jeu de la séduction.

La plus grande (surprise) vient des hommes. Bon, j’en ai pas interrogé 1000 non plus, donc pas de généralisation, mais il semblerait que ça cogite avant le coït, aussi bien dans les neurones féminines que masculines. Ils font les malins, les mâles hein, pourtant ils n’en mènent pas plus large que nous. Eux aussi, ils regardent leur téléphone 100 fois avant de le reposer. Non, j’appelle pas. Et si j’appelle, qu’est-ce-que je vais lui dire? Eux, aussi, ils interrogent leur messagerie 100 fois : vous n’avez pas de nouveau message.

Le jeu de la séduction passe par l’attente aussi. Plus le temps passe, plus le désir augmente.
D’apéro en resto, de cinéma en concert, de musée en balade, le désir est là, grandissant mais patient. Le mot que j’ai le plus entendu était “respect”. Il semblerait qu’une femme qui couche le premier soir n’inspire pas le respect…. je ne comprends pas bien le rapport. Mais il y a apparemment des codes, là aussi. Je couche le premier soir, je suis une sal…. (?!). Bon. Mais si j’ai un désir incontrôlable moi, je fais comment? Je me frustre. Je me dis qu’il ne faut pas, que va-t-il penser de moi? Il ne me rappellera jamais, je ne l’épouserai jamais, je resterai seule, aigrie, toute ma vie, et subirai ad vitam eternam les railleries de l’oncle Bernard et de ma mère sur mon célibat indécrottable. Donc je décline l’invitation-au-dernier-verre-qui-sert-à-conclure.
“Non merci, je suis fatiguée…une prochaine fois” et tout ça avec un énorme sourire alors que je n’ai qu’une envie : le plaquer contre le mur en haut des escaliers et ouvrir la porte avec mon pied pour le jeter sur le lit. Instinct, primaire, spontané.

Et si l’homme n’invite jamais au-dernier-verre-qui-sert-à-conclure, il faut également détecter un code : ça va être sérieux entre nous. Oui mais quoi! Quand! Combien de temps, va-t-il falloir attendre? On va finir par se poser mille questions, encore. Je suis tombée sur un timide, un peureux, un frustré, un homo refoulé (!?)…un impuissant? Ça cogite, ça cogite, ça coït toujours pas. Cogito ergo sum, certes, mais cogito absque pensare c’est bien aussi!

suivi de:

Il y a tellement de manières de se faire suer

Un monologue de Vanina Platine

Si je couche ou pas le premier soir, vous ne le saurez pas. (Et puis, c’est arrivé que je me promette que non, autant rester sur ses gardes, avant de jeter ma petite culotte par la fenêtre de la voiture du cador du moment quelques heures plus tard, plus chaude que les jantes qui tournaient tandis que les roues nous rapprochaient du lit qui abriteraient nos ébats, mais que, parfois, nous n’atteignions même pas. Soyons réaliste, les grands principes m’ont toujours fait défaut.)

Pourtant, à l’heure d’une énième période post-le-mec-de-la-vie (toujours prêt à disparaître dans une faille spatio-temporelle oscillant entre quelques heures et trois ans trois quart, celui-là), j’ai envie moi aussi de le crier : se dévoiler, peut-être que ça doit s’apprendre. Peut-être que c’est plus simple quand on se fixe quelques étapes qui permettent d’approcher sans décrocher, mais tiens, je me demande si j’en suis capable, et si un jour, je saurais doser tout ça.

Après, ce qui se passe aux USA, me dépasse. Même si le principe des dates, avec cerise sur le gâteau à la clef : ok, on a bien donné de nos patiences respectives, et de nos respects patients, et maintenant, place à l’action, me tente. Ça évite de se retrouver à poil trop vite (et là je parle au sens propre et figuré, et je ne donnerai pas d’exemple, au cas où des personnes sensibles nous lisent.) Mais je mets juste un bémol, sans vouloir trop retourner l’affaire, en supposant, parce que la courtoisie me fait défaut, qu’aux USA, il y a aussi des rencontres aussi fulgurantes que les sauteries expédiées en cinq minutes, à petits coups de mailing, texting, chating et autres vices minuscules ?

Comme je suis une femme connectée, en suivant ton exemple, j’ai demandé à une étudiante américaine, si elle faisait toujours des dates, et qu’elle me donne des détails. Elle m’a dit de patienter jusqu’à ce qu’elle passe son examen. (C’est une étudiante sérieuse.) J’espérais qu’elle ne soit pas choquée par mes questions, (alors ? ça couche ou ça couche pas ?) Mais pas du tout. Oui, coucher à droite à gauche, elle a répondu, c’est devenu une sorte de nouvelle norme, dans les grandes villes, chez les tous jeunes adultes. Et en tout cas, même si tout le monde le fait pas, tout le monde en parle, comme si c’était aussi banal que de passer ses exams ou faire du sport. Ça aurait dû m’aider à y voir plus clair, mais pas du tout.

Maintenant, moi aussi je me méfie. Des nuits en forme de poire de la fille ou du mec qui espère, qui en a marre de ne pas rencontrer, celle ou celui qui. Qui, d’un coup, d’un bon coup sans baguette magique, leur donnerait en une fois, l’impression qu’ils ne sont pas n’importe quelle citrouille. Toutes ces histoires, tous ces âges, et ces penchants. Et on peut espérer, mais s’il est trop progressiste, même un américain n’aurait aucune espèce de protocole. J’aimerais bien encore transpirer entre les bras d’un homme qui ne m’oublie pas trop vite, mais aujourd’hui, comme tes sources, je suis en eau surtout à l’idée de ne pas dépasser le plan d’un soir.

Les petites gueules t’invitent à jouer le jeu de la communication addictive en cliquant sur SUIVRE pour t’abonner.

photo-2

©EncoreUnePhotoPriseAvecUnTéléphoneDansUnMusée

2 commentaires

  1. Dechavanne · mars 18, 2014

    et si on faisait un distingo entre ceux qui veulent conclure pour durer et ceux qui veulent s’amuser ? pour les premiers qu’ils aient 18 ou 77 ans , il est compréhensible de faire monter le désir ,de placer des touches de respect et de découverte mutuelle, de déceler les atomes crochus, par une succession de rdv « dates ». Ele fume comme un pompier, elle est atteinte du syndrome de tourette, elle a 17 chats chez elle, sont des critères rédibitoires qui peuvent échapper le 1er soir. Il vous a invité dans un resto avec écran plat car il ne rate aucun match de foot, il cire ses chaussures non pas pour être élégant, mais pour voir sous les jupes, il vous invite chaque fois avec votre fille de 14 ans … sont des critères qui se découvrentn plusieurs fois.
    De plus sauf si la fille fait le 1er pas du baiser et le 2eme pas du dernier verre, nous les hommes passons pour des gougeats si on fonce au lit. alors ont fait gaffe.

    De plus inconsciement tout le monde espère que ce rdv d’un soir va durer.

    pour ceux qui veulent s’amuser, plusieurs méthodes :
    – suivre son instinct, si la chimie des corps opère, on ne se posera pas de question.
    – je ne couche jamais le 1er soir, j’attends minuit.
    – mon préféré coucher avant d’aller au ciné ou diner, au moins on a toute l’après midi et on peut recommencer après le diner. Et selon le niveau de performance on choisira la qualité du resto. Il se peut même que, récompense suprème, ce soit madame qui offre !

    Mais je vous parle d’une époque révolu ça fait 11 ans que j’ai couché le 2eme soir pour m’amuser (apres resto et concert de Y. Noah) avec celle que j’aime de plus en plus encore aujourd’hui. Le 1er soir étant une rencontre fortuite dans un resto un soir de canicule.

    AD

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