boire ou écrire il faut choisir

Une lettre des petites gueules à propos de l’intervention de Nadine Trintignant sur les rapports mère-fille. 

Madame Trintignant,

Vous avez la chance, ou en tout cas la possibilité d’écrire des mots qui seront publiés et assez largement diffusés, sous la seule raison que vous êtes un personnage public. C’est une justification, comme une autre. Vous avez travaillé à vous faire un nom, et travaillé tout court, dans un temps où la célébrité était issue d’un processus de reconnaissance peut-être un peu moins corrompu qu’aujourd’hui, mais c’est une autre question.

Vous dites : « Je ne suis, je n’ai jamais été suicidaire néanmoins je savais que j’avais perdu mon droit de vie ou de mort sur moi. À moins de situation exceptionnelle que je n’ai pas connu, on n’a plus droit au suicide quand on est mère. »

Pouvez-vous préciser dans quelles situations exceptionnelles il est autorisé de se suicider ? N’étant pas toutes mères au sein de la rédaction des petites gueules, le sujet ne nous concerne diversement, mais on ne sait jamais ; il faut être prêt à répondre à toutes les questions d’amies : « Vous savez vous où on en est des cas autorisés de suicide pour les parents et plus spécifiquement les mères ? » Read More

sociamical

 Un trilogue de Julie Laffin, Vanina Platine et Ana Primo

On va vous parler d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

– Avant, quand on voulait se voir, on s’appelait, et on se retrouvait même sans portable ni GPS. Ça ne nous empêchait pas de bavasser pendant des heures au bout du fil, mais on se voyait vite aussi en vrai, avec des regards, des sourires, des larmes, des rires.

– J’avais déjà tout compris à la vie et rien à l’amitié avant mes vingt ans.  je croyais qu’un sourire, c’était aussi engagé qu’un oui et l’anneau qui va avec. Éternellement déçue des regards fuyants de lendemains de soirées, je boudais. Je n’avais pas beaucoup d’illusion sur mon avenir, et finalement, tout s’est beaucoup mieux passé que prévu, alors que les normes scolaires voulaient avoir ma peau, et qu’à force de faire ma gueule, à part ma sœur, qui me parlait encore un jour sur deux, il y avait des cafés crèmes en solo. Et, même si j’ai une fois ou deux fait semblant de parler à quelqu’un au téléphone, dans l’ensemble, j’acceptais la situation : c’était décidé, je serai une asociale. Il en faut. Read More

on a plus sérieux à faire franchement

Un monologue de Maria Petitpont et Aliette Griz

Tu t’en doutais, les petites gueules ne sont ni corruptibles, ni impressionnables. Mais parfois, à leurs moments perdus, elles checkent ce que les influenceurs d’opinions tweetent. Comme ça. Un peu parce que la vigilance semble une attitude consciencieuse, et parce qu’il s’est instauré une sorte de respect défiance pour ce qui se relaie, en rêvant d’inventer l’information de demain. Et puis, à défaut du reste, sache que les petites gueules aiment rire franchement. Read More

le jour dit

Un monologue de Aliette Griz

Il y a des jours où je regrette mon manque de formation au rebondissement systématique sur tout ce qui pourrait intéresser le lectorat avide de bons mots, celui qui attendrait de nous une stricte conformité à ce qui nous entoure, amis du prévisible, bonjour.

Nous sommes le 14 février. Read More

l’une ment, l’autre pas

Un dialogue de Solea Bataille et Vanina Platine

“Un menteur conjugue le temps au passé recomposé, à l’inventif présent et au futur ingénieux.” B.Pivot

N’est pas bon menteur qui veut. Il en faut de la gymnastique aux méninges pour ne pas s’emmêler les pinceaux. Le mensonge est donc une certaine forme d’intelligence, de vivacité d’esprit.

Même, n’ayons pas peur des mots, un art. Un art difficile, périlleux, excitant, créatif. Il nous emmène dans des contrées lointaines qu’on n’aurait jamais imaginées. Un mensonge en appelle un autre, le voyage ne s’arrête jamais. Read More

donne-moi ta gueule que je t’initialise

Un monologue de Aliette Griz

Écoute, petite gueule, il y a les films qui donnent, et les films qui donnent à voir. Les premiers n’ont pas forcément un programme très précis, et se risquent parfois à la frontière du ratage, et tant pis pour nous, mais quand ça se termine, on n’est pas perdant, on a reçu : une claque, une leçon, une dose d’émotion un peu artificielle mais qui semblait s’adresser à nous. Je ne propose pas d’exemple, mais il suffirait de poser la question aux dix derniers films vus : dis, toi, que m’as-tu donné ? Et d’écouter la réponse. Read More

twead

Un dialogue de Ana et Aliette Griz

Quitter cette vie avec décorum, telle est la recommandation des époux Keller, journalistes, Madame au Guardian US, Monsieur au New York Times.

Tu sais que, comme bien des ploucs, je ne pense à la mort qu’à l’enterrement des autres, et là, je chiale.

Au début de l’année, Emma Keller publie dans la section américaine du journal britannique Guardian un article [Forget funeral selfies. What are the ethics of tweeting a terminal illness?] consacré à Lisa Bonchek Adams, une femme atteinte d’un cancer du sein métastasé, très active sur les réseaux sociaux, où elle partage son quotidien de malade pour, selon elle, imprimer plus de réalisme à l’image policée du mouvement « Ruban rose ». Read More